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Billets d'auteur - Economie

willEn ces temps de mensonge, on sait qu’une nouvelle est importante quand les médias la passent sous silence. Dans le genre, le résultat du référendum en Islande sur le remboursement des dettes de la banque islandaise Icesave restera comme un cas d’école : silence radio, ou peu s’en faut. On devrait nous en reparler dans quelques jours, j’imagine, quand la contre-attaque du Pouvoir sera déclenchée. Pour l’instant, quel calme. A peine une dépêche Afp ici ou là. Pour le reste : circulez, y a rien à voir.

Et pourtant, ce n’est pas rien,  ce qui vient de se passer au pays des geysers. Les Islandais ont dit non au remboursement de la dette Icesave par 93 % des voix (contre 1,5 % de oui – on connaît la proportion de membres de la Surclasse Transnationale en Islande, c’est intéressant).

En clair, cela veut dire que le peuple islandais demande à la haute finance d’aller se faire voir chez les Grecs (facile). L’Etat islandais avait nationalisé en catastrophe la banque « plantée » par le krach de 2008, reprenant de facto ses gigantesques dettes (3,5 milliards de dollars, 20 % du PIB de l’Islande). Le peuple islandais vient de faire savoir qu’il faisait valoir un droit d’inventaire sur l’héritage.

Le silence radio de nos médias s’explique facilement : si l’attitude islandaise devait faire jurisprudence, tout l’édifice de la finance mondialisée serait par terre en 24 heures. Avec quelque chose comme 80 000 milliards de dettes pour un PIB de l’ordre de 30 000 milliards, l’Occident est en faillite. Ses banques avec. A présent que les Chinois ont fait savoir qu’ils n’entendaient pas régler la facture, il ne reste qu’un seul espoir au système : que les peuples payent l’addition. Les Islandais viennent de montrer la voie : ils ont refusé.

 
Billets d'auteur - Economie
breadline1929Il faut le dire, même si c’est un peu gênant à l’égard de notre (nos ?) éventuel(s) lecteur(s) grec(s) francophone(s) : en Grèce, il ne se passe pas grand-chose. Que l’Etat grec soit au bord de la cessation de paiement est très ennuyeux pour les Grecs, voilà une chose qu’on ne peut nier. Que cela soit réellement gênant pour l’Union Européenne, a fortiori pour l’économie mondiale, voilà qui, en revanche, est tout à fait faux.

Rappelons les ordres de grandeur, histoire de remettre les pendules à l’heure.

Le PIB de la Grèce avoisine 340 milliards de dollars, soit 2,3 % du PIB de l’Union Européenne et 3 % de celui de l’Euroland (petit joueur). Le pays présente la particularité déroutante d’importer 3 fois plus qu’il n’exporte (60 milliards de dollars contre 20 milliards), et de dépendre, pour financer ce trou béant, d’un énorme secteur touristique (15 % du PIB). La corruption est endémique (généralisée serait plus juste), l’économie informelle (terme pudique pour « marché noir ») franchement surdimensionnée (omniprésente si on préfère). Avec une dette extérieure totale estimée à 550 milliards de dollars (160 % du PIB) et une dette publique de l’ordre de 300 milliards d’euros (chiffre du gouvernement grec), ou plutôt 400 milliards d’euros (120 % du PIB, calcul aimablement fourni par les experts de la banque allemande Commerzbank), la Grèce est techniquement en faillite (un pays structurellement déficitaire, à faible croissance et dont la dette publique, en grande partie extérieure, dépasse le PIB, est un pays en faillite – là-dessus, pas de contestation possible). Soit dit en passant, pour ceux qui s’étonneraient que le gouvernement grec se soit « trompé » à hauteur de 30 % du PIB national concernant la dette publique (c’est pas chez nous qu’on verrait ça !), précisons que « l’erreur » a été facilitée par l’ingénierie financière fournie (moyennant commissions, cela va sans dire) par les petits génies de Goldman Sachs, au moment où la Grèce peinait à entrer dans la zone euro.

Faillite, donc, et faillite frauduleuse, en prime.

 
Actu Scripto - Actualité des amis du site

 

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Actu Scripto - Actualité des éditions Le Retour aux Sources

François Sainz, gérant des éditions Le Retour aux Sources, interwievé par Novopress au sujet de notre actualité. Nouveautés en perspective, avancement du projet, etc.

 
Notes sur oeuvres - Géopolitique

israel_croquisPour John J. Mearsheimer et Stephen M. Walt, deux universitaires américains reconnus, la politique étrangère des Etats-Unis est trop pro-israélienne pour qu’il ne s’agisse là que d’un choix stratégique purement américain. Un lobby pro-Israël, très puissant, perturbe la stratégie de la (provisoirement ?) première puissance mondiale.

Fait révélateur : les deux grands candidats aux élections US, depuis plusieurs décennies, s’opposent plus ou moins franchement sur tout, sauf sur UN sujet, totem impossible à renverser, tabou impossible à transgresser – la sécurité d’Israël, évidemment.

Pourquoi le soutien à Israël est-il devenu la vache sacrée de la politique US ?

Parce qu’Israël est un partenaire incontournable dans la « lutte contre le terrorisme » ? Non, évidemment : si quelque chose peut appeler le terrorisme anti-américain, c’est précisément le soutien à Israël. Parce qu’Israël serait « le seul pays moyen-oriental qui partage les valeurs démocratiques » ? Non, là encore : le comportement d’Israël à l’égard des Palestiniens écorne régulièrement son image dans le monde, et par contrecoup, celle des Etats-Unis.

Pour John J. Mearsheimer et Stephen M. Walt, c’est le lobby pro-Israël qui explique la politique étrangère des USA s’agissant du Moyen-Orient.

 
Billets d'auteur - Politique

humeurJe viens de démissionner de mon poste au Bureau National d’E&R et de quitter l’association. Sans entrer dans les détails, cette démission n’est pas liée à la crise récemment survenue dans cette association. Si cette crise n’avait pas eu lieu, j’aurais annoncé mon départ après le congrès prévu initialement fin mars, et que j’avais aidé à préparer. Le divorce Alain  Soral/Marc George (voir les détails ici pour ceux qui n’ont pas suivi le feuilleton) n’a fait qu’accélérer les choses. Le congrès annulé, je n’ai plus de raisons de différer mon départ.

Pour éviter qu’on glose inutilement sur mes motivations, les voici en quelques mots. Je me suis tout simplement rendu compte qu’on ne pouvait pas réellement écrire, publier et militer. Il y a des contraintes de temps. C’est que militer dans une association comme E&R, mine de rien, c’est du boulot !

Et puis, être « marqué » E&R, c’est se couper plus ou moins de tous ceux qui n’y militent pas, et surtout de tous ceux qui militent ailleurs !

La conversation standard avec un militant dans une organisation opposée à E&R pouvait ces derniers mois donner le résultat suivant :

« J’ai lu ton bouquin, c’est pas mal, tu m’as presque convaincu, mais tu milites à E&R. »

« Et alors ? »

« Et alors, je ne peux pas donner raison à quelqu’un qui milite à E&R ! »

Je quitte donc l’association en bons termes avec mes ex-camarades, et si je fréquenterai peut-être encore E&R comme intervenant externe, je n’en suis plus membre. Objectif : maison d’édition, écriture. Et plus d’étiquette sur le dos. Ça va simplifier les choses.

 
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La DGSE (Direction Générale de la Sécurité Extérieure – services secrets français) n’est pas une institution particulièrement bavarde. En règle générale, quand un fonctionnaire au sein de la DGSE prend la parole publiquement (a fortiori au Sénat), il ne le fait pas sans avoir d’abord obtenu validation de sa ligne hiérarchique. Et cela, quand bien même il serait un « ancien » chef de service (dans ces métiers-là, il n’y a pas vraiment de retraite, pas non plus vraiment de sortie de fonction – ces gens-là en savent beaucoup trop pour qu’on les laisse filer dans la nature déliés de leur serment de fonctionnaire).

Il est donc particulièrement intéressant de relever les déclarations de monsieur Chouet, ancien chef du service renseignement de sécurité de la DGSE, lors d’un colloque au Sénat, intitulé « Le Moyen-Orient à l'heure nucléaire ». Il faut bien voir que ce que nous dit monsieur Chouet ne signifie pas seulement « ce que ça dit ». Cela signifie aussi qu’on a décidé de le dire. « On » étant, en l’occurrence, une partie au moins du haut organigramme de la DGSE. Il n’y a pas d’autre explication possible à cette intervention.

Or, ce que nous explique monsieur Chouet, c’est qu’Al-Kaïda n’existe plus depuis 2002. Et que depuis cette date, c’est l’ingénierie des perceptions conduite par la puissance occidentale qui a fabriqué cette « marque » du terrorisme islamiste. Pour nous, ce n’est pas une surprise (ça fait longtemps que nous avions compris). Mais la surprise, c’est que ça vienne de la DGSE.

Il faut en déduire qu’il se passe, très au-dessus de nos têtes, des choses que nous ne soupçonnons pas. Une fraction de l’appareil d’Etat, en particulier, donc, dans les services secrets, conteste la ligne au nom de laquelle le chef de l’Etat envoie actuellement des troupes en Afghanistan. Ce n’est pas rien : il y a une forte résistance au sommet de l’appareil d’Etat. Nous nous en doutions depuis l’affaire Chauprade, nous en avons confirmation. Plus important encore, il semble que cette fraction se sente assez forte pour sortir à découvert. On voit bien, à l’attitude de monsieur Chouet, qu’il n’est pas là pour faire un numéro de kamikaze. Il prend bien soin de ne pas franchir la ligne rouge : le 11 septembre, la question de l’intentionnalité des errements de la politique américaine… Mais à moins d’être complètement bouché, tout le monde peut comprendre ce qu’il veut dire.

Voilà qui ne manque pas d’intérêt.

 
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Billets d'auteur - Société
marianne_voile

Je réponds, dans cet article, aux questions soulevées dans le cadre du débat qui a fait suite à la publication de la contribution de Fred, et à ma critique de cette contribution. L’objet de ce texte est de faire le point sur ma perception du problème, à ce stade de la  réflexion.

1. Inconscient collectif et modèle anthropologique

Je crois d’abord nécessaire d’introduire ces deux notions, de préciser le sens que je leur donne ici, et d’en expliquer l’articulation.

Introduit par Jung, l’inconscient collectif est une condition de base de la psyché. Il s'agit des représentations transpersonnelles et archétypales, dont les grandes lignes qui sont communes à toute l'humanité dans toute l'histoire.

L'humanité possède un inconscient collectif global, qui vient du fait que nous partageons tous certaines donnes. Nous avons tous eu une mère biologique, nous avons tous eu un père biologique, un père social et symbolique (pas toujours le même que le père biologique, et parfois multiple, mais sous une forme ou une autre, toujours présent). Nous avons tous été amoureux (sauf cas pathologique), nous avons tous la possibilité d'avoir des enfants (sauf problème physiologique), etc. De ce fait, toute l'humanité a construit des archétypes universels (pas tout à fait les mêmes selon les cultures, mais toujours présents).

Chaque peuple possède son propre modèle anthropologique, combinaison de son modèle familial, de son modèle éducatif et des grands mythes qui déterminent sa culture. Ce modèle définit une version donnée de l’inconscient collectif, une version qui structure les forces actives des inconscients individuels selon les formes historiques du peuple en question. Donc l’inconscient collectif humain est universel, mais ses « versions » sont particulières à chaque peuple.

 
Billets d'auteur - Société
reticule

Dans l'article consacré à la mort clinique du cinéma français, je signalais que celle-ci n'en est encore que plus manifeste lorsqu'on  compare le 7ème art hexagonal, au cinéma américain de ces trois dernières années centré sur le thème du Déclin, à ce nouveau cinéma italien qui traite de l'histoire récente de la Péninsule (Il Divo, Romanzo criminale, Gomorra...), ou encore au retour fracassant du cinéma russe qui s'était quelque peu assoupi depuis Tarkovski et dont les deux réalisateurs emblématiques de ce redressement sont les irremplaçables Lounguine et Mikhalkov.

Il est possible de citer quatre autres cinémas nationaux dont les grandes œuvres humilient régulièrement notre déprimante production estampillée et "certifiée conforme CNC".

Le cinéma allemand tout d'abord, qui, à l'instar de son homologue italien, puise dans un passé parfois douloureux (La Chute, La bande à Baader, La vie des autres, Good bye Lenin...) et fait souvent appel aux mêmes acteurs : Martina Gedeck, Moritz Bleibtreu ou encore Bruno Ganz (qui a la particularité d'être Suisse), pour offrir aux spectateurs un cinéma riche, complexe et d'une intelligence rare.

 
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