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Après Hillary | Par Michel Drac

La sorcière Killary ne sera pas Président des Etats-Unis.


Good News.

Ça s’est joué à peu de choses. D’ailleurs, Trump perd le vote populaire. Mais Hillary, c’est fini. En nombre de grands électeurs, l’avance de Trump paraît suffisante pour rendre impossible les manipulations post-électorales.

Je suis circonspect sur le Donald. Une star de la téléréalité milliardaire qui annonce sa candidature depuis une tour super-luxe où il loge des peoples, dont la famille royale saoudienne : désolé, mais je ne suis pas fan. Un reste d’esprit et de goût français. Appelez-ça du snobisme si vous voulez, je m’en fous.

Je n’étais même pas circonspect sur Killary. Un ministre des affaires étrangères au bilan catastrophique, malade physiquement et mentalement, entouré de conseillers néo-conservateurs com-plè-te-ment givrés, peut-être prêts à attaquer la Russie : tout mais pas ça ! Surtout pour nous, européens, parce qu’une présidence Clinton aurait voulu dire la déstabilisation générale de nos marges.

Visiblement, beaucoup d’Américains ont eu le même feeling, pour des raisons différentes. En fait, ce n’est pas tellement le Donald qui a gagné, c’est surtout Killary qui a perdu ! Il fait un million de voix de moins que Romney en 2012. Objectivement, c’est plutôt une contre-performance – surtout quand en face, il y a Clinton ! Mais il est élu, parce qu’elle perd cinq millions de suffrages par rapport à Obama la même année.
Et là, toujours objectivement, ça s’appelle un énorme coup de pied au cul – surtout quand en face, il y a Trump !

Afficher l'image d'origineIl faudra s’en souvenir : en réalité, contrairement à ce qu’on nous raconte, ce ne sont pas les petits blancs réacs qui ont élu Trump (enfin si, un peu, mais pas vraiment). Ce sont les électeurs de Sanders qui ont éjecté Hillary, et aussi, et surtout, les noirs et les latinos, qui n’ont pas sauvé la sorcière, malgré les outrances de son adversaire. Il faudra s’en souvenir, parce que ça veut dire quelque chose de très important. Dans les termes de la nouvelle lutte des classes : ça veut dire qu’un infra-nomade sédentarisé n’est pas forcément obnubilé par l’affrontement latent avec les indigènes sédentaires, contre lesquels les hyper-nomades veulent l’instrumentaliser. Que ceux qui ont des oreilles entendent !

Comme tout le monde, je viens de passer deux jours à me marrer comme une baleine en écoutant les pleurnicheries grotesques de la classe médiatique, des deux côtés de l’Atlantique. « Hé, les mecs » ai-je envie de leur dire, « arrêtez de croire que votre voix porte, parce qu’à part vous, tout le monde sait que votre putain de tribune, elle est démontée depuis plusieurs années ! »


Michael Moore, qui n’est pas mon copain idéologique, mais en qui je reconnais un type vivant dans le monde réel, les avait pourtant prévenus : « le plus grand ‘fuck you !’ de l’histoire ». Nous y sommes. Good News. Que tous les journalistes alpha de l’hémisphère occidental aille se faire considérer par les Grecs (d’ailleurs ça tombe bien, en ce moment, ils ont des trucs à leur dire).


Maintenant, de quatre choses l'une :

  • a) Le Donald se fait fumer avant l'intronisation, et les USA explosent. Good News : de toute façon, sans les Etats-Unis, le projet mondialiste n’a plus de bras armé.

  • b) Le Donald ne peut pas gouverner et ses supporters comprennent que le seul moyen de faire la révolution, c'est de la faire vraiment. Good News : une fois que cent millions de rednecks armés auront compris qu’ils doivent choisir entre l’esclavage et la rébellion, je sais déjà ce qu’ils vont choisir (j’aimerais bien pouvoir en dire autant de mes compatriotes…).

  • c) Le Donald gouverne et n'applique pas son programme, parce que les promesses électorales n'engagent que ceux qui les croient. Résultat : voir petit b.

  • d) Le Donald gouverne et applique son programme, enfin disons les grandes lignes du vague projet qui lui a servi de plateforme électorale. Là encore, le mondialisme comme idéologie disparaît temporairement du circuit, parce qu'il n'a plus de bras armé. 

A mon avis, Trump n’est pas l’isolationniste que ses adversaires décrient, et que certains de ses partisans espèrent. Je le perçois plutôt comme un impérialiste pragmatique. Mais les conséquences seront quand même lourdes : baisse possible du commerce international, donc recul de l'économie transnationale qui soutient la finance globalisée, possible explosion de l'UE sans les USA pour soutenir Bruxelles, réconciliation américano-russe et esquisse d'une grande alliance du monde (principalement) blanc, risque de confrontation avec la Chine...

Good News aussi dans l'ensemble, mais avec des nuances forcément – j’espère que les Américains admettront que le seul schéma qui permet d’éviter la catastrophe, c’est celui qui inclut la Chine, éventuellement comme rival-partenaire, « friennemy ». Qui vivra verra.

La question-clef si on admet ce quatrième scénario, c’est : est-ce que quatre ans, voire huit, c’est suffisant pour faire dévier le système de sa marche à la catastrophe ? La réponse pourrait bien se trouver en Europe, et particulièrement en France, dès l’année prochaine. Malheureusement, sur ce point, je ne suis pas très optimiste.

Mais en tout cas, à ce stade : Good News.

Je prends non l’élection de Trump, mais la dérouillée de Clinton, comme notre première vraie grande victoire à nous. Le Brexit ou les référendums de 2005, tout cela n’était qu’avant-goût. Là, c’est le cœur du système qui a disjoncté.

Depuis la crise de 2008, une logique de gouvernance globale s’était mise en place, articulée autour du déni de la réalité économique, de l’exclusion des catégories déclassées et du recyclage de l’argent-dette pour le seul bénéfice de la finance globalisée. Sur le plan symbolique, ce système vient de se briser sur le mur du réel, ce réel que des millions d’Américains pauvres prennent dans la gueule depuis des années.

C’est la victoire des millions de petits mecs méprisés, à qui l’oligarchie a concédé Internet en se disant qu’elle pourrait nous surveiller avec. C’est la victoire de ces millions de petits mecs méprisés, qui se sont emparé d’un outil de surveillance globale, et en ont fait un outil de conscientisation politique.

Maintenant, le combat continue. Le directeur de Science Potiche, Frédéric Mion, s’est lamenté après les élections américaines sur le fait qu’avec Hillary Clinton renvoyée à ses études, le G7 s’éloignait de la « parité ». Le navire-monde est à deux doigts de chavirer, et ce type croit que le sujet, c’est le sexe du skipper. Eh bien, que monsieur Mion se rassure : je connais un moyen d’arranger ça, en France, le 7 mai 2017.

Michel Drac
11 novembre 2016
Auteur de « Essais » (Éd. Le retour aux sources, 2013) et « Triangulation » (Éd. Le retour aux sources, 2015)

 

 

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Commentaires   

#1 Stef69 19-11-2016 11:38
Cher Michel,

J'aime vos analyses qui, souvent sont pertinentes, mais là bon, j'ai bien du mal à adhérer. Se féliciter d'une défaite est-ce que ça nous en dit pas beaucoup sur l'état de catastrophe général ambiant ?

Se réclamer du "nous" dans une société de l'éparpillement où personne ne se parle vraiment dans le réel, où les saillies du cyber militantisme n'invoquent que la supra individualisation de la société et donc la mort du fait collectif c'est à dire du politique, n'est-ce pas rater la cible des problèmes soulevés par cette élection ?

Moi j'ai bien du mal à m'enchanter de l'élection de Trump. Non pas par allégeance au camp prétendument d'en face, mais surtout parce que je crois qu'elle est le signe de la poursuite de l'effondrement déjà en cours depuis plusieurs décennies.

Compte tenu de la situation apocalyptique de l'économie américaine et donc mondiale, l'élection de Trump ne m'incite à aucun espoir, aucun soulagement. Elle me confirme que les masses ne sont pas suffisamment matures, malgré les coups de pieds au cul qu'elles reçoivent, pour couper le cordon qui les relie aux institutions (même si l'abstention fait persister un espoir). Elle me confirme que le système a gagné puisque les anti systèmes ont encore besoin d'un candidat dans le système pour porter leurs revendications. Des revendications atomisées, contradictoires, sans cohérences politiques ou idéologiques. L'élection de Trump c'est pour moi la confirmation que la politique est une arnaque, qu'elle ne peut plus rien, que l'économie, la démographie, la philosophie, l'écologie, l'anthropologie expliquent dorénavant mieux notre époque que la politique ne pourrait jamais le faire.

L'Amérique est morte. Elle est exsangue sur tous les plans. Elle se rattache à un passé idéalisé qu'elle n'est plus en mesure de faire renaître. Son peuple n'est plus qu'un amas de salariés chômeurs exclus consommateurs atomisés dont les colères ne suffiront pas à refaire un peuple.

Après 15 ans passés à suivre les vicissitudes du monde via le net, à lire, me cultiver, je comprends désormais toute la vanité de ma démarche. Les problèmes de fond portent en eux une véracité inéluctable. Il nous faudra, d'une façon ou d'une autre, payer pour ce dans quoi nous nous sommes fourvoyés depuis un demi siècle et que nous refusons d'accepter : société de consommation, capitalisme du pétrole et de l'hubris monétaire, massification technologique, fracture écologique, démographique... toutes ces choses sur lesquelles les Trump, Clinton, LePen et ceux qui les suivent font l'impasse et qui sont en train d'aboutir à la plus belle catastrophe de l'histoire de l'humanité ; nous devrons en payer le prix.

Et au moment de l'addition, l'éphémère et insignifiante gloriole qui voudrait qu'avec Trump nous ayons accompli un acte de rébellion historique, nous apparaitra bien fade...

En ce qui me concerne, j'ai décidé de tourner la page de la politique. Elle est morte. Trump élu et vénéré par les réacs comme Obama jadis par les progressistes en est l'ultime preuve.