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La Chine dans la guerre des monnaies ?

Dans le contexte actuel où le taux de change est un levier majeur de la compétitivité, la Chine nous indique qu'elle ne restera pas passive face à l'activisme de ses concurrents.


Le recul de la devise chinoise, le yuan (ou renminbi), constitue l'une des surprises récentes dans la finance mondiale. Certes, au regard de la volatilité des autres monnaies, le mouvement paraît presque anecdotique : en quelques jours, à la fin février, le yuan a perdu plus de 1 % vis-à-vis du dollar. Même s'il est prématuré de parler de retournement de tendance, il y a là une évolution imprévue car, depuis 2012, le yuan avait gagné près de 6 % contre le billet vert. Une surprise pour tout le monde ?

Pour les investisseurs pris à contre-pied, certainement. Pour les responsables chinois, on peut en douter. La thèse défendue par certains selon laquelle cela résulterait de l'inquiétude des marchés face au ralentissement de la croissance et aux défis structurels de l'économie chinoise paraît discutable. Car le taux de change du yuan reste aujourd'hui administré par la Chine. Les fluctuations à l'intérieur de la bande affichée (plus ou moins 1 % autour de la parité décidée) restent sous contrôle étroit. La glissade constatée est en fait un message politicofinancier qui a valeur d'avertissement. D'abord, face aux demandes récurrentes du G20 pour une moindre rigidité du taux de change du yuan, la Chine répond en montrant que la flexibilité peut jouer dans les deux sens, à la baisse comme à la hausse.

Alors, les partenaires de la Chine dans le G20 sont piégés, puisque, dans leur esprit - et à juste titre -, la flexibilité doit avant tout signifier une poursuite de la revalorisation du yuan contre les principales devises, à la mesure des énormes réserves de change et des excédents extérieurs de la Chine. Ce faisant, les autorités chinoises envoient également un message aux spéculateurs, en leur indiquant que l'évolution du yuan n'est pas toujours un jeu prévisible, donc gagnant.

Ensuite, la Chine se positionne dans un contexte monétaire mondial dominé par la guerre des monnaies. Les Américains, quoi qu'ils en disent, se satisfont fort bien de la faiblesse du dollar, le Japon fait tout pour retrouver de la compétitivité par une dépréciation massive du yen, les Britanniques sont prêts à laisser filer la livre sterling… Sans oublier la dégringolade, bien au-delà du niveau souhaité par les différentes autorités, d'un certain nombre de devises de grands pays émergents (Inde, Argentine, Turquie…).

Dans ce contexte où le taux de change est un levier majeur de la compétitivité, la Chine nous indique qu'elle ne restera pas passive face à l'activisme de ses concurrents. Ce message doit être relié à d'autres initiatives chinoises de première importance, celles qui développent lentement mais sûrement l'usage international du yuan à partir des grandes places financières d'Asie (Hongkong, Singapour…). « La monnaie est pouvoir », disait l'économiste britannique Roy Harrod. Les légitimes ambitions monétaires de la Chine sont là pour nous le rappeler. Et nous confirmer que la guerre des monnaies est le nerf de la guerre commerciale.

Christian de Boissieu, professeur à l'université Paris I (Panthéon-Sorbonne) et au Collège d'Europe (Bruges)
Les Echos, 10 mars 2014.

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