Critique de la "famille universelle"
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Ce texte est une réponse critique à celui envoyé par le contributeur "Fred", et diffusé sur ce blog.
1. Critique sur l’objectif
Si donner une définition exacte de la famille ne peut pas faire de mal, on peut observer d’emblée qu’une telle définition, quelle qu’elle soit, ne sera pas compatible avec tous les modèles familiaux. Les anthropologues distinguent traditionnellement entre des modèles très divers.
A un premier niveau de caractéristiques, ces modèles ne sont pas compatibles les uns avec les autres, s’ils ne partagent pas ces caractéristiques. Le sociologue Emmanuel Todd isole plusieurs caractéristiques de ce type :
- modèles exogames ou endogames (qui peuvent difficilement coexister dans la même société, pour des raisons évidentes : les familles exogames vont tenter de « recruter » dans les familles endogames, qui s’y opposeront),
- modèles intégrés ou non-intégrés, à divers niveaux (et là encore, on observe des difficultés à faire coexister des familles issues de modèles intégrés à un niveau donné avec des familles non-intégrées à ce niveau ; par exemple, des européens de l’ouest habitués à une intégration limitée parents-enfants comprendront difficilement les coutumes d’une famille apparentée, venue d’Afrique subsaharienne, qui pratique une intégration élargie au cousinage),
- modèles symétriques ou non asymétriques (qui peuvent, là encore, difficilement coexister dans la même société, et là encore pour des raisons évidentes : les personnes issues de modèles symétriques sur le plan des sexes ne comprendront pas que leurs conjoints instaurent une asymétrie entre les sexes, donc les mariages seront difficiles ou voués à l’échec).
A un deuxième niveau de caractéristiques, les modèles sont différents mais restent compatibles. Todd, encore lui, isole par exemple plusieurs caractéristiques de ce type au sein du modèle général exogame, relativement symétrique et intégré parents-enfants, modèle de l’Europe :
* la famille libérale dans l’éducation et inégalitaire dans les relations entre frères – type dominant dans le monde anglo-saxon ;
* la famille libérale et égalitaire – type plutôt dominant dans le monde latin ;
* la famille autoritaire et égalitaire – type russe ;
* la famille autoritaire et inégalitaire – type dominant dans le monde germanique, et dans quelques fractions du monde latin.
A ce niveau de différence, les modèles restent compatibles. Ils sont différents, mais peuvent se marier. La recherche d’un compromis est possible, entre conjoints issus de deux de ces modèles, parce que les catégories fondamentales (exogamie, symétrie, intégration) sont à peu près les mêmes.
Le tout forme un tableau incluant deux niveaux de diversité :
- une diversité qui peut se combiner avec elle-même assez facilement (les modèles familiaux européens, par exemple),
- une diversité qui doit organiser la coexistence de système peu à même de se combiner (les modèles respectifs de l’Europe et de l’Afrique subsaharienne, par exemple).
Enoncer qu’on va donner une définition universelle de la famille, c’est donc nécessairement nier cette diversité - quel que soit le modèle retenu, il entrera forcément en conflit avec certains de ces modèles, puisqu'ils ne sont pas compatibles entre eux.
D'où vient ce besoin de nier la diversité ? La France, en grande partie du fait de l’immigration massive qu’elle a subie ces dernières décennies, n’a plus de modèle familial général, capable d’encadrer des différences qui restent compatibles entre elles (une raison annexe est que le modèle familial a par ailleurs éclaté sous l’impact de la société de consommation). Il en résulte que les individus souffrent d’un effarant déficit d’encadrement familial (mères isolées, enfants laissés à eux-mêmes, guerre des sexes généralisée, etc.).
Telles sont les « beautés » de la « libération » et de l’ « ouverture » promues par les « élites » depuis quatre décennies. On remarquera au passage que les populations qui souffrent le plus de cette situation ne sont pas, quoi qu’on en dise, les populations autochtones. Ce sont les populations immigrées qui, à des degrés divers, maximisent les facteurs d’instabilité, et donc de souffrance. Ce sont les immigrés qui souffrent le plus de l’immigration.
Avec l’arrivée sur notre sol de populations issues de modèles familiaux endogames, asymétriques, sous ou sur-intégrés, nous avons pris en nous une diversité excessive, qui n’est plus compatible avec elle-même. C’est une des raisons (sinon la raison principale) pour lesquelles l’immigration venue de pays extra-européens pose des problèmes que l’immigration européenne ne posait pas.
Nier la diversité en établissant un modèle familial « juridique, exact et universel » est effectivement une manière de dépasser ces contradictions. Mais la question est : faut-il accepter de payer ce prix ? Ne vaut-il pas mieux concevoir un système qui autorise la coexistence de plusieurs modèles familiaux au sein de la même société ?
Il suffit, en outre, de reprendre la formulation de l’objectif pour comprendre qu’en l’occurrence, le prix payé peut s’avérer tel, qu’il rend l’objectif poursuivi caduc. Qu’est-ce qu’un « pouvoir à la fois indépendantiste et globaliste ? » (1) De deux choses l’une : ou l’on est indépendant à l’égard du global, ou on est globaliste, donc dépendant. Il y a contradiction dans les termes.
Si la démarche est saine (refonder un cadre anthropologique), la formulation de l’objectif est, quant à elle, contestable, parce que limitative.
2. Critique sur la thèse
2.1. Les liens du sang
Enoncer que parce qu’il n’y a pas de tests génétiques, les liens du sang doivent être abandonnés comme marquage de l’appartenance familiale, c’est un peu comme si l’on disait que puisque nous ne savons pas si nous allons marcher sur une bouteille cassée, nous devons arrêter de porter des chaussures. Le fait qu’on ne vérifie pas les liens du sang n’implique aucunement qu’ils ne soient pas valides. L’écrasante majorité des enfants, jusqu’à plus ample informé, sont bel et bien les fils ou filles biologiques de leur mère officielle. Et on peut légitimement supposer, malgré tout, qu’une majorité des enfants sont également les fils ou filles biologiques de leur père officiel.
L’intérêt des liens du sang est de toute manière qu’ils inscrivent l’enfant dans un cadre naturel, spontané, qui lui évite, dans leurs jeunes années, des interrogations identitaires inadaptées à son stade de maturité. On ne se demande pas pourquoi on est le fils de ses parents, quand on a cinq ans, et c’est très bien comme ça. Quoi qu’en disent les propagandistes de la société libérale contemporaine, qui veulent des enfants paumés pour avoir des consommateurs dociles, un gamin a besoin de stabilité pour mûrir.
Ce lien charnel est plus important avec la mère qu’avec le père, pendant les jeunes années. Toutefois, quiconque a fréquenté quelques fils de mère « libérée » sauce 68 a pu constater que le fait d’avoir grandi dans une famille où papa changeait tous les deux ans entraîne généralement des pathologies significatives. Au regard de ce constat, les liens du sang sont utiles tout simplement parce qu’ils permettent de mettre de l’ordre, naturellement.
On m’objectera que je suis en train de dire que je préfère la loi naturelle à la liberté. A quoi je répondrai : et comment ! – tout simplement parce la loi naturelle est le seul fondement solide de la loi tout court, et parce que la loi crée la liberté. Donc respectons la loi naturelle, et la liberté viendra après.
Une autre raison de ne pas abandonner les liens du sang est que nous allons être confrontés, dans quelques décennies, à un certain nombre de mutations technologiques qui, si on ne les encadre pas par des limites philosophiques et, donc, juridiques, peuvent donner lieu à un effarant vertige biotechnologique. D’après le biologiste Henri Atlan, l’utérus artificiel sera disponible probablement vers le milieu de ce siècle, et les super-couveuses bien avant. D’autres spécialistes évoquent des possibilités, en matière d’ingénierie génétique, qui pourraient à terme poser le problème de savoir si l’homme est engendré, ou fabriqué.
Toutes raisons qui doivent nous pousser à ne surtout pas abandonner les liens du sang comme fondement naturel de l’ordre familial.
2.2. Le modèle « universel »
L’affirmation selon laquelle « on ne peut réduire la communauté familiale à la famille nucléaire car elle exclut oncles, tantes et cousins » correspond à un contre-sens. Aucune tradition, à ma connaissance, ne réduit la famille à la famille nucléaire. Dire qu’un modèle familial est un modèle de famille nucléaire n’implique pas que les oncles, tantes et cousins sont ignorés, mais qu’ils ne font pas partie du noyau d’intégration principal. La famille européenne (comme d’ailleurs la plupart des modèles familiaux sur la planète) organise une suite de cercles concentriques. En fait, sauf erreur de ma part, à part les subsahariens, tout le monde fonctionne comme ça (chez les subsahariens, il arrive que la famille soit définie par un entrelacs de cercles non concentriques – un modèle aussi incompréhensible pour les européens que notre modèle européen doit l’être pour eux).
L’affirmation selon laquelle on ne doit appartenir qu’à une seule famille est une pétition de principe, adaptée plutôt aux sociétés endogamiques. En pratique, dans une société exogamique, il est au contraire jugé plutôt souhaitable, pour la stabilité du groupe social dans son ensemble, que les individus soient inscrits dans plusieurs familles. L’exogamie sert précisément à renforcer les liens sociaux en leur donnant un sous-jacent charnel.
L’affirmation « La vraie parenté est celle du cœur, non du sang. Les enfants sont la continuité spirituelle des parents dans le temps. » n’est pas fausse, mais elle ignore un fait difficilement contournable. Il se trouve que le cœur suit plus facilement le sang. Il est sans doute regrettable que la plupart des gens ne parviennent pas toujours à penser la continuité spirituelle indépendamment de la continuité biologique. Mais en attendant, c’est comme ça.
L’affirmation « La famille est une communauté », si elle doit bien être comprise au sens de communauté de biens, est caractéristique de quelqu’un qui a grandi dans un modèle familial… communautaire. Pour quelqu’un élevé dans un modèle de famille souche germanique, la famille est fondamentalement une hiérarchie. Pour quelqu’un qui a été élevé dans le modèle anglo-saxon, c’est un incubateur d’individualités autonomes destinées à entrer en concurrence – une rampe de lancement. Et pour la majorité des Français, c’est un lieu d’égalité entre les enfants, dans le cadre d’une autorité parentale aimante.
En fait, le problème de notre ami Fred, c’est qu’en voulant définir un modèle universel, il ne fait, en fin de compte, que généraliser un modèle particulier. Drame des universalistes, depuis toujours.
Mais, au-delà de ce constat somme toute banal, le texte de notre ami est aussi révélateur d’autre chose.
Le concept d’immatriculation familiale peut être vu comme inquiétant. Il renvoie à l’idée implicite qu’il faudrait, en quelque sorte, que l’ensemble du système, à l’échelle globale, soit totalement codé, afin d’être rendu totalement intelligible. Ici, sans vouloir blesser Fred, on constate parfaitement comment l’implosion identitaire débouche sur une obsession pathologique de la définition, de l’inscription de tout, constamment, dans un système d’information supposé produire du sens par le simple effet de son caractère global. En quoi cela dérange-t-il les gens que leur famille ait le même nom qu’une autre famille ?
Or, si ça ne dérange personne, pourquoi y porter remède ? Pour le plaisir d’avoir tout mis dans des cases ? Jusqu’à nouvel ordre, l’immatriculation, l’inscription des choses dans un système de représentation mathématique, ne constitue pas un objectif en soi. C’est tout au plus une mesure d’ordre.
Idem, on découvre avec intérêt que le système de modularité (intégrant la polygamie/polyandrie) aimablement proposé par notre ami dans le cadre de son communisme familial, est tout à fait compatible avec « une civilisation urbaine et technologique. L'industrie moderne nécessite la flexibilité géographique des travailleurs. » A quoi nous lui répondrons en toute simplicité que l’industrie moderne doit être faite pour s’adapter à nos vies, et non l’inverse. Là encore, on constate que, du fait de l’évidente implosion identitaire qui caractérise son mode de pensée, le camarade est dans la confusion (presque) constante entre les moyens et les fins.
2.3. Derrière le fantasme de perfection systémique, l’implosion identitaire
Pour comprendre le propos de Fred, il faut, sans doute, se souvenir que c’est un enfant de l’immigration, de la banlieue. Et il faut garder en tête ce qu’a été le vécu des enfants de l’immigration, ces dernières décennies. C'est ce vécu qu'il a eu sous les yeux, dans le quartier où il vivait.
Les immigrés européens (Italiens, Polonais, Portugais, Espagnols) ont vécu une transplantation qui laissait à peu près intacte le modèle anthropologique dans lequel leurs parents vivaient. La première génération d’Italiens, dans l’ensemble, n’eut sur ce plan presque aucun travail d’acclimatation à entreprendre : en pratique, un Italien qui parle Français est, à très peu de choses près, un Français. Les Polonais, les Portugais et les Espagnols ont dû consentir quelques ajustements, mais ces ajustements étaient somme tout assez facile, parce qu’il ne s’agissait, précisément, que d’ajustements : inscrites dans un modèle exogame, symétrique et dont le niveau d’intégration reste comparable à celui du reste de l’Europe, ces populations n’eurent qu’à faire évoluer les paramètres de second niveau (rééquilibrage de la symétrie entre les sexes, évolution vers un type d’éducation plus libéral, intégration plus centrée sur le noyau parents-enfants). Ces évolutions sont restées gérables pour les intéressés parce que les catégories préexistaient. Pour employer une métaphore, ces populations ont dû modifier le réglage de leur moteur, mais toutes les pièces du moteur étaient déjà à leur disposition. Il a suffi d’une génération pour transformer les Italiens en Français, de deux pour les autres immigrés européens.
La situation est différente pour les immigrés extra-européens – et elle l’est non seulement par rapport aux Français « de souche », mais aussi pour ces immigrés extra-européens entre eux. Le cas le plus favorable est celui des asiatiques (en général, sachant qu’il existe des sous-groupes, au sein du sous-groupe asiatique, qui ne s’inscrivent pas dans le schéma général du groupe). En règle générale, les immigrés asiatiques sont héritiers d’un schéma familial symétrique, exogame et dont les modalités d’intégration ne sont pas excessivement éloignées de celles des européens. Il existe même, au sein d’une bonne partie de ces populations, une prédisposition à se sur-adapter aux sociétés européennes, parce qu’un modèle producteur d’un très haut niveau d’éducation, est prédominant, selon des modalités qui rappellent, sous une forme différente, la famille-souche germanique.
Les Africains, d’une manière générale, sont par contre bel et bien pénalisés (avec, là encore, des exceptions). Une bonne partie des nord-africains sont héritiers d’un modèle asymétrique et endogame, avec une conception de l’intégration peu compatible avec celle des européens. Mais pour les subsahariens, c’est bien pire : les catégories fondatrices ne sont pas les mêmes, par exemple la notion même d’intégration n’existe pas au sens européen. Ces populations se sont donc retrouvées dans une société qui parlait un langage qu’ils ne comprenaient pas, et reposait même sur des concepts qui leur faisaient défaut.
Les populations exposées à cette transplantation radicale ont vu leur modèle anthropologique exploser littéralement en plein vol. Le sociologue Emmanuel Todd, référence incontournable en la matière, en a déduit qu’ils allaient adopter le modèle des populations indigènes (la règle généralement observée historiquement, aux USA en particulier). Mais, et c’est là que Todd que s’est planté royalement, un fait nouveau est à prendre en compte : il n’y a plus de modèle anthropologique des populations indigènes.
Parallèlement au processus de déracinement des immigrés, un travail de démolition anthropologique a affecté les sociétés d’accueil. D’une certaine manière, les populations « de souche » sont tombées dans le vide. Il faut beaucoup d’optimisme pour qualifier le modèle familial européen actuel de « symétrique, intégré et exogame ». En réalité, il n’y a plus aucun modèle familial. L’individu est laissé à lui-même, et c’est à lui d’inventer les codes, les structures, les passerelles qui lui permettront de refaire une société à partir de la cellule individuelle elle-même. Le résultat est qu’il y a presque autant de modèles familiaux que de familles. C’est la raison principale de l’effondrement démographique occidental : fonder une famille n’est plus construire une forteresse, un oasis de stabilité, dans un environnement instable et dangereux, c’est une aventure additionnelle, difficilement gérable. D’où la réticence de nos contemporains à fonder une famille : ils ont déjà assez peur du licenciement, ils n’ont pas envie de s’offrir en outre la peur du divorce (un mariage sur trois se termine par un divorce, et le taux monte à un sur deux en Région Parisienne).
Le propos de notre ami Fred n’est jamais que d’essayer de construire un cadre anthropologique générique adapté à ce désastre (un modèle familial quand il n’y a plus de modèle familial). Et le résultat de notre effarant arasement anthropologique est magnifiquement illustré par son discours – le propos d’un type intelligent, à n’en pas douter, mais qui ne peut raisonner qu’à partir d’une situation chaotique, puisque c’est la sienne.
Si l’on reprend le discours de Fred, on y trouvera les prédicats non sus :
- L’objectif doit être la constitution d’une société globale (mondialisme), (1)
- Cette société globale organise, à la manière d’un système intégré, une substance homogène (confusion entre universalisme et négation de la différence).
Il n’est pas difficile de voir que ces prédicats non sus font de Fred un client pour le mondialisme. Le renversement entre fins et moyens est parfait. Ce n’est plus le système qui doit servir l’humanité, diverse et par nature non programmable, mais l’humanité qui doit se muer en support du système, dont le bon fonctionnement est érigé en finalité per se. Derrière cette attirance pour l’ordre, coûte que coûte, on trouve, évidemment, le contre-choc d’un traumatisme engendré par le chaos.
Et pourtant, je pense qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Ce qui est intéressant, dans le propos de Fred, ce qui rend sa contribution précieuse, c’est qu’elle permet de comprendre pourquoi le projet mondialiste va échouer : parce qu’il a trop bien réussi.
En réalité, Fred a été programmé, par les mondialistes, pour être un petit soldat – mais il va s’avérer un très mauvais petit soldat. Tout simplement parce qu’il est trop intelligent pour s’accommoder longtemps de l’anomie où on veut l’enfermer. En formulant la conclusion de la manipulation dont il est victime, il se donne les moyens de la faire exploser.
Pour comprendre ce paradoxe, je vous propose de nous livrer à un petit exercice. Imaginons que je sois un salaud de différencialiste.
Dans le monde réel, ce qui engendre l’Etre, ce n’est pas la cohérence du système, c’est le conflit. Un système qui parviendrait à sa perfection serait condamné à disparaître, parce qu’il n’aurait plus de conflit pour l’animer. N’importe quel système engendre des agents de diversité, qui sont aussi nécessaire à son bon fonctionnement que ses agents de conformité. C’est pourquoi, à peine le « modèle familial universel » établi, on verrait surgir en son sein des fractions dissidentes squattant le « modèle universel » pour y faire prospérer leur modèle propre.
Imaginons, donc, que je sois un salaud de différencialiste. Comme tout salaud digne de ce nom, je suis malin. Je sais très bien que derrière les fantasmes de généralisation du modèle communautaires, fantasmes qui habitent depuis toujours les universalistes en transe, il n’y a qu’une illusion irréaliste. J’anticipe donc sur l’explosion d’un système incapable d’intégrer ses agents de diversité, et, sachant que c’est le modèle autoritaire qui fabrique les minorités différencialistes les plus performantes, je vais constituer, à l’intérieur de la « coquille » formée par le modèle général réputé universel, une famille, ou une fédération de familles, qui, tout en se conformant extérieurement au modèle général, sera en interne régie par un système de valeurs spécifique, sur-performant. Résultat : au bout de quelques générations, parce que mon groupe sera organisé pour gérer le conflit dans un univers où tout le monde ne cherche qu’à l’évacuer, ma tribu va se retrouver aux commandes du système d’ensemble – naturellement, tout bonnement parce qu’un loup dans la bergerie fait la loi.
Le problème, c’est que je ne suis pas tout seul à faire ce calcul. D’autres groupes, au nom de leurs traditions propres, vont tenter de faire de même. Et en fin de compte, le « modèle universel » se transformera en champ de bataille pour des « modèles particuliers » qui l’auront infiltré en toute quiétude, profitant de l’incapacité des universalistes à penser la différence… pour propager la différence sous l’uniformité. Et au final, le système d’ensemble, incapable de construire un « modèle universel », explosera dans une atomisation encore plus forte que celle qui préexistait à son institution.
Voilà pourquoi il n’y a pas de quoi s’inquiéter, quand on lit la contribution de notre ami Fred. Elle n’est révélatrice que d’une chose : le système a si parfaitement atomisé les individus, qu’il approche du point où il définira le champ homogène à l’intérieur duquel les mécanismes de la différenciation vont s’enclencher, comme un retour de flamme. A chaque fois qu’un universaliste tentera de définir un modèle « universel », il ne fera plus que fabriquer un modèle particulier de plus. J’imagine que nous aurons, à l’avenir, droit à des Africains tentant de nous persuader que nous devons établir la circulation des hommes comme modèle de référence universel, des Berbères nous mariant avec nos cousines, des Juifs cherchant à nous convaincre que le système matrilinéaire a vocation à devenir l’unique système sur terre, des Allemands bien décidés à nous faire adopter le modèle de la famille-souche, des Russes nous poussant à confier l’éducation de nos enfants à leur babouchka, etc. Chaque groupe tentera de modeler le système d’ensemble sur ses règles propres, afin de minimiser le travail d’ajustement qu’il a à conduire. Tout cela ne débouchera sur rien, sauf sur l’émergence d’une multitude de modèles concurrents. Alors, inévitablement, spontanément, les frontières se referont. Aporie : le système a atteint le point où il révèle qu’il poursuit un projet inatteignable. La Tour de Babel va s’effondrer, à l’instant où elle frôlera le ciel.
Quant à ce qui sortira de cette aporie, c’est une autre histoire…
En attendant, la contribution de Fred est une excellente nouvelle, parce qu’elle montre que lorsqu’on détruit toute forme de modèle, on ne fait que pousser les individus monadiques à réinventer des modèles. Donc la disparition de tout modèle va imposer la réinvention de modèles concurrents. Il y a place pour une renaissance. La compétition commence pour savoir qui va l’incarner, voilà tout.
Merci Fred pour cette excellente nouvelle. Grâce à toi, camarade, on sort du non-dit.
(1) Après discussion avec Fred, il s'avère que le terme "globaliste" était à prendre au sens de "global", et non au sens de l'anglicisme.

































Commentaires
"ces modèles ne sont pas compatibles les uns avec les autres"
Peut-être,
Mais ma définition de la famille est compatible avec tous les modèles familiaux.
Donc toutes tes comparaisons de modèles familiaux existants sont peut être justes, mais hors sujet.
Tu n'as pas compris mon concept.
Trop d'intellectualisme tue l'action efficace de terrain.
A part l'interdiction du sexe hors mariage, que proposes-tu pour sauver la famille?
Tu es dans la nuance intellectuelle,
Je suis dans le juridique.
Tu compares 2 domaines incomparables, avec des objectifs différents.
"Si l’on analyse le propos de Fred, on comprend très bien d’où provient ce besoin de nier la diversité :"
TU M'INSULTES !!!
Je n'ai JAMAIS nié les différences,
Je prône une JURIDICTION compatible avec tous les DIFFÉRENTS modèles familiaux.
Tu déformes mes propos.
Tu es malhonnête.
"la France, en grande partie du fait de l’immigration massive qu’elle a subie ces dernières décennies, n’a plus de modèle familial général, capable d’encadrer des différences qui restent compatibles entre elles"
Tu n'as pas compris à l'origine réelle de la destruction de la famille.
La cause est beaucoup plus simple et beaucoup plus mécanique.
Le système détruit la famille par la stratégie du sexe contrarié :
* d'une main il prône la fidélité (couple, droit du sang paternel...)
* de l'autre main, il prône la liberté sexuelle et de la femme.
Les 2 sont fondamentalement incompatibles :
* OU on prône le couple, mais on abolit la liberté sexuelle et de la femme.
* OU on prône la liberté sexuelle et de la femme, mais dans ce cas, on change de modèle familial.
Je te parle avec l'expérience de la vie,
Et l'observation de terrain.
Faut lire Soral, il fait de très bons bouquins sur le sexe.
La destruction de la famille patriarcale vient uniquement de :
* la légalisation du sexe hors mariage.
* l'indépendance économique de la femme.
"On remarquera au passage que les populations qui souffrent le plus de cette situation ne sont pas, quoi qu’on en dise, les populations autochtones. Ce sont les populations immigrées qui, à des degrés divers, maximisent les facteurs d’instabilité, et donc de souffrance. Ce sont les immigrés qui souffrent le plus de l’immigration."
Ne t'en fais pas, les immigrés font toujours autant d'enfants, et leurs familles sont toujours aussi solides.
Ce sont les blancs, et diplômés, qui ne font plus de gosses, ou sont déchirés.
"Nier la diversité en établissant un modèle familial « juridique, exact et universel » est effectivement une manière de dépasser ces contradictions."
C'est grave a quel point tes préjugés t'ont empêché de comprendre mon concept.
Je n'ai JAMAIS imposé 1 modèle familial unique.
C'est ARCHI-FAUX.
C'est de la CALOMNIE !
Je propose une juridiction compatible avec tous les DIFFÉRENTS modèles de familles.
"Qu’est-ce qu’un « pouvoir à la fois indépendantiste et globaliste ? » De deux choses l’une : ou l’on est indépendant à l’égard du global, ou on est globaliste, donc dépendant. Il y a contradiction dans les termes."
ça s'appelle le SYSTÈME CLANIQUE.
Ex : la confédération Iroquoise.
Le sang ne permet pas de définir le CERCLE FINI de la COMMUNAUTÉ familiale.
L'identité, c'est le CLAN, le TOTEM : numéro de famille, nom-de-famille... et non le sang.
La stabilité, c'est le clan.
Libéralisme = destruction des structures.
Mon système est ultra-structuré, en droits et devoirs.
Ne m'accuse pas de libéralisme.
"Toutefois, quiconque a fréquenté quelques fils de mère « libérée » sauce 68 a pu constater que le fait d’avoir grandi dans une famille où papa changeait tous les deux ans entraîne généralement des pathologies significatives. Au regard de ce constat, les liens du sang sont utiles tout simplement parce qu’ils permettent de mettre de l’ordre, naturellement."
Le père social, et stable, peut être une autre personne que le géniteur.
Dans les sociétés matrilinéaires, le père social et stable, c'est l'oncle.
Les enfants matrilinéaires sont très sains.
La matrilinéarité EST l'ordre naturel, car elle est la seule filiation observable à l'œil nu.
L'enfant appartient à la communauté de la mère, et non du père.
La patrilinéarité est un contrat contre-nature.
Avec les biotechnologies, tu es hors sujet.
Il y aura des utérus artificiels justement parce qu'à cause du droit du sang, l'adoption totale (sans considérations de sang) est impossible.
Mon concept "la famille universelle" EST le système naturel,
Car il est le système TOTÉMIQUE.
Le système totémique est matrilinéaire par défaut.
Ce concept pourtant universel, naturel et primitivisme te dépasse,
Et quand tu ne comprends pas, tu agites les épouvantails du Meilleur des Mondes,
Exactement comme ceux qui agitent celui de la Shoah dès qu'on essaye d'être conservateur.
TECHNIQUEMENT, le sang est in-légiférable.
L'actuel droit du sang n'est pas un réel droit du sang, il est une croyance.
Un véritable droit du sang suppose des tests sanguins systématiques.
Doit-on en arriver là ?
"Aucune tradition, à ma connaissance, ne réduit la famille à la famille nucléaire. "
La juridiction actuelle si !
Le peu de définition que la loi donne à la famille EST la famille nucléaire.
La notion de "noyau d’intégration principal" complexifie la juridiction familiale : la famille n'est plus une cellule exacte et absolue, mais un réseau qui s'estompe à partir de la personne observée.
De là, il est impossible de définir sans conflits les responsabilités familiales.
Tu fantasmes sur une juridiction familiale qui n'existe pas.
"La famille européenne (comme d’ailleurs la plupart des modèles familiaux sur la planète) organise une suite de cercles concentriques."
Il s'agit d'un droit décadent, dénaturé, et totalement conflictuel.
Il est juridiquement très lourd et très conflictuel.
Si complexe qu'il nécessite des tomes de lois, et des avocats schizophrènes pour pouvoir les interpréter.
Le bizness du barreau et du papier a de beaux jours devant lui.
"En fait, sauf erreur de ma part, à part les subsahariens, tout le monde fonctionne comme ça"
NON, aucun peuple naturel ne fonctionne ainsi.
OUI, tu fais erreur.
OUI, tous les peuples naturels fonctionnent par le concept que j'évoque et que je défend :
Le système clanique / totémique.
Je n'ai RIEN inventé,
Je n'ai fait que dépoussiéré, et extraire l'essence universelle du système clanique.
Merci les Iroquois et les Celtes !!!
"L’affirmation selon laquelle on ne doit appartenir qu’à une seule famille est une pétition de principe, typique des sociétés endogamiques."
Cela ne signifie pas qu'il faille épouser quelqu'un de son propre groupe !
Cela signifie que juridiquement, on ne put appartenir qu'à un seul groupe.
Exemple : la NATION.
"groupe social" = famille
Ex : appartient tu à la famille e ton père ? ou à la famille de ta mère?
Tu es hors sujet.
Ton interprétation est sclérosée de préjugés.
Je crois que les universités ont été inventées pour saboter la vraie recherche.
"L’affirmation « La famille est une communauté » est caractéristique de quelqu’un qui a grandi dans un modèle familial… communautaire."
Qu'est ce que la famille, sinon un groupe de personne?
Groupe de personnes = communauté.
La famille communautaire EST la famille naturelle.
"Pour quelqu’un élevé dans un modèle de famille souche germanique, la famille est fondamentalement une hiérarchie."
FAUX : les germains vivaient eux aussi en fédération claniques.
"Pour quelqu’un qui a été élevé dans le modèle anglo-saxon, c’est un incubateur d’individualités autonomes destinées à entrer en concurrence – une rampe de lancement. Et pour la majorité des Français, c’est un lieu d’égalité entre les enfants, dans le cadre d’une autorité parentale aimante."
Dans tous les cas, la famille est un groupe de personnes.
GROUPE DE PERSONNES = COMMUNAUTE (tu veux un dico ?).
Si la famille n'es plus définie comme communauté, alors elle est décadente.
La décadence de l'humanité ne date pas d'hier.
Elle a commencé il y a 5000 ans, avec le droit paternel qui supplante le droit maternel.
"On voit bien là que le problème de notre ami Fred, c’est qu’en voulant définir un modèle universel, il ne fait, en fin de compte, que généraliser son modèle particulier."
Ne me prend pas pour un CON !!!
Déjà, apprend à comprendre mon texte.
Tu es le premier qui ne comprend RIEN !
"Le concept d’immatriculation familiale peut être vu comme inquiétant. Il renvoie à l’idée implicite qu’il faudrait, en quelque sorte, que l’ensemble du système, à l’échelle globale, soit totalement codé, afin d’être rendu totalement intelligible."
Tu cherches vraiment la bagarre.
Le nom-de-famille doit il avoir valeur juridique OUI ou NON ?
Si OUI, comment ?
Parce que dans ce cas, il faudrait réécrire TOUS les états-civils, et TOUS les patronymes, parce que le droit régissant le nom-de-famille a été dérégulé.
Tu comprends ou pas ?
C'est pas possible de ne pas avoir compris un truc pareil !
Comment utiliser le nom-de-famille comme DÉTERMINANT JURIDIQUE de la parenté, si de nombreuses familles portent le même nom ?!
Tu t'es toi même TRAHI :
"En quoi cela dérange-t-il les gens que leur famille ait le même nom qu’une autre famille ?"
Quand tu dis "AUTRE FAMILLE", tu désignes un groupe, donc une communauté.
Comment définis-tu exactement ces groupes de personnes ????????????
"l’industrie moderne doit être faite pour s’adapter à nos vies, et non l’inverse."
J'ai JAMAIS dit le contraire !!!
Je suis sur le cul depuis 20 lignes.
T'es graaaaaavveee....
Qui a dit que NOUS devions nous adapter à l'industrie ?
Où ?! Montre-moi où j'ai dit ça ?!
Essaye de comprendre avant d'interpréter !
Je dis que LA JURIDICTION FAMILIALE, doit tenir compte de la MIGRATION des populations.
Tu habites chez ta mère et ton père ? NON.
Chez tes grands-parents ? NON.
Tu migres. Et le droit familial doit en tenir compte.
Les solidarités familiales disparaissent justement parce que le droit familial ne tient pas compte de la mobilité des populations!!!
Tu veux nous forcer au sédentarisme????
Que proposes-tu pour sauver la famille?
PARLE !!!
En plus, je suis métissé !!!
Alors arrête de raconter des salades à mon sujet !!!
Tu passes tes lignes à cracher sur ma gueule et mon travail.
Et ça, je ne supporte pas !
"Le résultat est qu’il y a presque autant de modèles familiaux que de familles. C’est la raison principale de l’effondrement démographique occidental : fonder une famille n’est plus construire une forteresse, un oasis de stabilité, dans un environnement instable et dangereux, c’est une aventure additionnelle, difficilement gérable. D’où la réticence de nos contemporains à fonder une famille : ils ont déjà assez peur du licenciement, ils n’ont pas envie de s’offrir en outre la peur du divorce (un mariage sur trois se termine par un divorce, et le taux monte à un sur deux en Région Parisienne)."
ARCHI-FAUX :
As tu déjà vécu Michel ?
la cause de la chute démographique, et de l'explosion de divorces est l'incompatibilité de la famille patriarcale, avec la libération sexuelle et des femmes (légalisation du sexe hors mariage).
TODD est vraiment un escroc.
* Cette société globale organise, à la manière d’un système intégré, une substance homogène (confusion entre universalisme et négation de la différence)."
FAUX : tu me provoques en duel !
Je dis que le global et le local peuvent s'harmoniser grâce à une structure infinie et stratifiée entre les 2.
Je t'ai démontré que je ne niais pas la différence.
Je te parle de structures juridique, tu me parles de valeurs et de philosophie.
Tu te plantes de débt.
Délimite moi les membres de la famille.
Qui ici n'en est pas une, puisque tu n'as pas eut le flair de détecter LE système clanique universel.
Quand je dis :
"Organiser un pouvoir fédéral, ascendant, légitime, à la fois démocratique et élitiste,
indépendantiste et globaliste."
C'est la définition même du FÉDÉRALISME !
Tu ne comprends pas l'essence des mots, et tu ne retiens que leur couleur culturelle et populaire.
Tu diabolises le mot globalisme sans même le comprendre.
GLOBALSIME :
*l'état-nation français est globaliste par rapport aux régions.
* l'Empire européen (axe Paris-Moscou) est globaliste par rapport à l'état-nation de France.
Comme tu est réactionnaire dès que tu ne comprends pas ce que je veux dire,
Et qu'à la moindre suspicion, tu rejettes tout en bloc sans comprendre,
J'aurais du dire :
"Organiser un pouvoir familial fédéraliste : ascendant, légitime, à la fois démocratique et élitiste,
indépendantiste et globaliste."
a) En matière de modèle familial, toute innovation imposée est une violence.
b) Les mots ont un sens. Le globalisme énonce en substance qu'il ne doit pas y avoir de frontières. Quand tu définis un système d'immatriculation générale transfrontière, tu es typiquement dans ce mode de pensée. Même si ton "système" (le mot en lui-même est inquiétant) vise à rendre compatible des définitions diverses, le fait de tout inscrire dans le même "système d'information" est globaliste en ce sens.
c) Il est exact que je suis réactionnaire. Au sens de : qui se méfie de la nouveauté, qui veut réagir face à toute évolution qu'on lui impose. Cela, c'est tout à fait vrai.
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