MoWebSo VirtueMart 2 - Product Slideshow

Wall Street et la révolution bolchevik
Pourquoi Trotski, alias Braunstein, voyagea-t-il avec un...
Prix : 19,00 €
Prix HT : 18,10 €

Manifeste pour briser les chaînes de l'usure
Gottfried Feder écrivit en 1919 ce livre prophétique parce...
Prix : 12,00 €
Prix HT : 11,43 €

Les 10 derniers Romans et Essais

L’occidental donneur de leçons ser...

Les 10 dernières Revues

Articles

La vérité est que l’argent ne vaut rien

Massimo Fini2Comment les dirigeants occidentaux ont-ils réagi à la crise initiée par l’effondrement des « subprimes » américains en 2008, qui s’est ensuite propagée rapidement dans la majeure partie du monde, et qui d’ailleurs couvait bruyamment depuis un certain temps (écroulement du Mexique en 1996, des « petits tigres » en 1997, défaut de l’Argentine en 1999) ? En injectant dans le système davantage d’argent à travers une série de triangulations entre Fed, FMI, les banques, les Bons du Trésor,  qui ne sont rien d’autre qu’une contrepartie.

Traditionnellement, les fonctions de l’argent sont au nombre de quatre : 1) mesure de la valeur ; 2) Intermédiaire pour les échanges ; 3) Moyen de paiement ; 4) Dépôt de richesse. Rien à redire sur les 3 premières. Mais ôtons-nous de la tête l’idée que l’argent constitue une richesse ou qu’il la représente. De ce point de vue, l’argent n’est rien, absolument rien.

 

Les Espagnols s’en aperçurent à l’aube du XVII siècle quand, après avoir dévalisé les Indiens d’Amérique de tout l’or et l’argent (la monnaie de l’époque en Europe), ils se retrouvèrent plus pauvres qu’avant. Dans son Mémorial de 1600, Gonzales de Collerigo écrit avec une lucidité incisive : « Si l’Espagne est pauvre, c’est parce qu’elle est riche. » Et Pedro de Valence en 1608 : « Le mal est venu de l’abondance d’or, d’argent et de monnaie, qui a toujours été le venin destructeur des cités et des républiques. On pense que l’argent est ce qui assure la subsistance, mais ce n’est pas le cas. Les terres cultivées de génération en génération, les troupeaux, la pêche, voilà ce qui garantit la subsistance. Chacun devrait cultiver son lopin de terre et ceux qui aujourd’hui vivent de rentes et d’argent sont des gens inutiles et feignants qui mangent ce que les autres ont semé. »

On dira que ce sont là des discours d’économiste de la première heure encore lié culturellement et émotivement au monde du Moyen Âge où l’argent, outre qu’il circulait peu, était bien souvent regardé avec suspicion. Mais Sismondi, qui fut actif deux siècles plus tard, lorsque l’économie classique, avec Smith, Ricardo, Malthus ou encore Say, avait déjà fait irruption dans l’Histoire et s’était imposée comme une science, écrivait : « En augmentant l’argent d’un pays sans en augmenter le capital, sans en augmenter le revenu, ni la consommation, on ne l’enrichit pas, on n’en stimule pas le travail. » Et par « capital » Sismondi entendait la terre, le bétail, les outils, le travail, les habitations, autrement dit les biens matériels.

En 1929, les Américains qui avaient investi à la bourse de New York se croyaient richissimes, mais il a suffi que quelqu’un ne croie plus dans la valeur de ces actions (qui, en tant que crédit, sont de l’argent au sens propre du terme), entrainant les autres actions dans leur chute, pour que cette richesse se révèle pour ce qu’elle est : du simple papier. La valeur d’une vache, à l’inverse, même si elle peut varier, ne pourra jamais être réduite à zéro. On en tirera toujours du lait, ou au pire, on en fera des beefsteaks.

Déjà Aristote, dans son ouvrage intitulé « Politique » s’était aperçu de l’inconsistance de l’argent, quand il écrivait : « La monnaie… est une simple convention légale sans aucune base naturelle, car si l’accord change entre ceux qui l’utilisent, il perd toute valeur et n’est plus utile à aucune des nécessités de la vie, et un homme riche d’argent peut arriver à manquer de la nourriture nécessaire. Bien étrange serait une richesse qui, même possédée en abondance, laisserait mourir de faim son propriétaire, comme le raconte le fameux mythe de Midas.(*) »

Massimo Fini

Il fatto quotidiano, le 20 octobre 2012

 

note du traducteur (*): Légende de la mythologie grecque, Midas pouvait transformer en or tout ce qu'il touchait.

 

Article traduit et publié en langue française par le site www.massimofini.fr

Commentaires   

 
#1 puce 29-11-2012 16:47
Vérité radicale sur l'argent A voir absolument
http://www.youtube.com/watch?v=cHxYb-LzlKM
 
 
#2 Bysshe 01-12-2012 20:18
Le fait que l'on puisse lire un tel article sur Scriptoblog dénote un progrès spirituel des membres de son équipe dirigeante, notamment de Michel Drac. Peut-être reconnaîtra-t-il bientôt qu'il n'est pas un économiste (ou un expert en économie), mais un monétariste à l'instar des "grands" pseudo-économistes de l'histoire. La signification étymologique du mot "économie" est en effet "administration de la maison", et non "administration de la maison par la monnaie".


L'argent est aujourd'hui "une mesure de la valeur, un intermédiaire pour les échanges et un moyen de paiement" en raison de l'infâme conditionnement que subissent les êtres humains dès leur naissance. En vérité, s'ils recevaient une éducation digne de ce nom, ils accéderaient gratuitement aux biens de consommation et aux services sans que cela entraîne des pillages et des bagarres. Lorsque l'on a reçu une éducation qui nous a inculqué la chose la plus importante au monde, à savoir le sens de l'intérêt général, on ne se conduit pas comme un voyou.
 
 
#3 GrosDesir 02-12-2012 14:12
Article brillant !
La référence a Midas m'a particulièrement plus. J'aime qu'on trouve dans les mythes des vérités ré-interprêtables et d'actualité.

Merci à vous pour votre travail !
 
 
#4 Marat-Kiri 04-12-2012 10:58
Très bon article qui a le mérite de rappeler que certaines choses ont une valeur intrasèque et d'autres non.

2 réserves :
1 - Comment l'argent pourrait il mesurer la valeur, la valeur étant déjà une mesure.

2 - Pas sur que si je proposais à M.Fini, pour l'aider dans son engagement, une vache ou un bon gros chèque, il choisisse la vache... Tout futur beefsteak qu'elle soit, la vache ne lui servirait à rien et, s'il n'a pas les structures nécessaires pour l'accueillir, lui poserait plus de soucis qu'autre chose... A partir de là, il faudrait plus poser la question de la richesse comme autonomie dans un milieu donné plutôt que dans la simple valeur intrasèque.
 
 
#5 Kanavel 06-12-2012 18:58
L'argent ne vaut rien, et la déclaration de Fini pas d'avantage ! Arnaque contre arnaque ! Qui cherche véritablement une issue ? L'argent ne vaut rien, mais de le déclamer haut et fort auprès de petits cerveaux fragiles mal formés peut en rapporter... « Tartuffe » !
 

Il faut être connecté pour poster.

En vitrine

Le vice Obscur de l'occident

Le vice obscur de l'Occident

Catégorie: Essais
Prix TTC : 17,00 €
L’occidental donneur de leçons serait-il donc ce qu’il affecte de dénoncer ? Le fondamentaliste, l’intégriste, le totalitaire, et si c’était lui ?...

Identification



Votre panier

 x 
Panier Vide

Recherche d'un titre dans la boutique

Scroll to Top