Assis à sa table de travail, le professeur Winston Dupont contemplait d’un œil torve son dictionnaire Globish-Français. « Vingt pages, tout rond, » fit-il. Il s’empara du dictionnaire et le feuilleta lentement. « Vingt pages, mille mots. » Il soupira. « C’est infaisable, » murmura-t-il. « Tout simplement infaisable. » Il relut la page d’introduction du dictionnaire. « Ce dictionnaire, approuvé par le ministère européen de l’Education Publique, récapitule le vocabulaire globish qui doit être approprié par tout bachelier de l’enseignement secondaire. » Il reposa le dictionnaire et s’empara d’une note posée sur son bureau. « Expéditeur : Ministère de l’Education Publique, « Destinataire : Commission des programmes « Objet : Philosophie « Filière : enseignement bilingue Globish-Français. » Il parcourut la note du doigt et s’arrêta sur une phrase : « Les apprenants devront prendre connaissance des textes principaux de la littérature française traduits en Globish. » Il grommela : « Absurde ! » |